J’ai des poils partout

J’ai des poils partout, j’ai un hirsutisme !

Constater que des poils poussent sur le menton, sur le ventre, les cuisses quand on est une femme, est gênant et inquiète à juste titre car cela risque de s’aggraver. Cet excès de poils fait craindre un hirsutisme lié à trop d’hormone mâle, la testostérone.

Manifestations évocatrices d’hirsutisme

  • Excès de poils localisé ou diffus : lèvres supérieures, menton, dos, abdomen, cuisses ou seins.
  • Association parfois avec acné, hyperséborrhée (peau grasse), troubles des règles.
  • Rarement association à une puberté précoce, avortements à répétition.

Principales causes d’hirsutisme

Le plus souvent il s’agit d’une hypersensibilité des follicules pilosébacés aux androgènes produits en quantité normale par les ovaires et les glandes surrénales : c’est l’hirsutisme idiopathique, sans cause retrouvée qui est fréquemment rencontré chez les femmes en surpoids.

Plus rarement, il s’agit d’un déficit en une enzyme, voire d’une tumeur produisant de la testostérone au niveau des ovaires, des glandes surrénales ou encore de la prise d’un médicament comme le danazol prescrit pour traiter une endométriose.

Diagnostic d’hirsutisme

Le bilan des hormones androgènes dans le sang est normal au cours de l’hirsutisme idiopathique.

Un excès de testostérone totale dans le sang fait craindre une origine tumorale (ovaire, surrénale) alors qu’un excès de 17 (OH) progestérone évoque un déficit enzymatique en 21 hydroxylase d’origine surrénalienne.Le plus souvent, le bilan biologique sera complété par une échographie des ovaires, voire un scanner des glandes surrénales.

Bases du traitement de l’ hirsutisme

La prescription d’un anti-androgène permet de freiner l’excès de poils. Dans l’hirsutisme sans cause retrouvée, on propose le plus soit une pilule type Diane 35 ou bien l’association d’un œstrogène (pilule ou patch cutané) avec le plus souvent de l’Androcur (pilule anti-androgène).

D’autres anti-androgènes périphériques sont parfois prescrits : la spironolactone (Aldactone), le fluamide (Eulexine) et le finastéride (Chibro-proscar).

Des traitements locaux sont fréquemment associés : épilation, décoloration du duvet, pommade anti-androgène (type Vaniqua).

En cas de déficit enzymatique en 21 hydroxylase, la prise journalière d’hydrocortisone à faible dose le corrige.

Pour les personnes en excès de poids, la mise en place d’un régime avec amaigrissement progressif contribue à améliorer l’excès de poils.

Suivi à court et moyen terme de l’hirsutisme

Le traitement hormonal (œstrogène + anti-androgène) est efficace dans un délai de 3 à 6 mois et chez environ 80% des femmes traitées pour hirsutisme sans cause retrouvée. Il doit être poursuivi pendant des années sous peine de reprise de la pilosité en cas d’arrêt trop précoce.

Souvent, il est arrêté lors d’un désir de grossesse ou bien suite à une prise de poids intolérable, voire de saignements génitaux irréguliers, de douleurs des seins.

Ce traitement ne fait que freiner la production des hormones par les ovaires. A son arrêt, la production des ovaires reprendra et permettra alors une grossesse si souhaitée.

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