Pourquoi les nodules thyroïdiens doivent-ils être régulièrement surveillés ?

Les nodules thyroïdiens doivent être régulièrement surveillés car dans 5% des cas ils peuvent être des cancers. La surveillance de ces nodules (ou kystes dans la glande thyroïde) repose sur l’examen clinique, l’échographie thyroïdienne et les dosages hormonaux dans le sang (TSHus, T4l, parfois calcitonine et Ac anti-récepteur TSH ou TRAK).

Les nodules thyroïdiens sont très fréquents chez les adultes (plus souvent les femmes que les hommes). Dans la majorité des cas, les nodules sont silencieux. Ils ne sont responsables d’aucune manifestation clinique et sont découverts lors de la palpation du cou par le médecin, lors d’une échographie, d’un scanner ou d’une IRM de la base du cou. Parfois, selon leurs tailles et leurs emplacements dans la glande thyroïde, ils peuvent être visibles à l’œil nu à la base du cou, être responsables de gêne pour avaler ou respirer ou encore provoquer une douleur brutale en cas d’hémorragie (nodule hémorragique).

Les nodules thyroïdiens peuvent être uniques ou multiples, être présents au niveau des deux lobes de la glande ou bien au niveau de l’isthme qui les relie. Ils peuvent être petits ou gros (plus de 10 mm de diamètre). Certains facteurs favorisent la survenue de ces nodules : le vieillissement, les grossesses, le surpoids, une alimentation pauvre en iode, des antécédents familiaux de maladies de la thyroïde, des irradiations de la région cervicale.

Malgré la présence de ces nodules, la glande thyroïde peut fonctionner normalement et on évoque alors un goitre nodulaire non toxique. Plus rarement, ces nodules peuvent produire un excès d’hormones thyroïdiennes (ou hyperthyroïdie) et on parle alors de nodules toxiques.

Le cancer de la thyroïde sera suspecté devant un ou des nodules durs à la palpation ou en cas de ganglions récents à la base du cou et lorsque l’échographie rapportera des signes péjoratifs (microcalcifications intranodulaires, vascularisations intranodulaires, ..). En cas de crainte de cancer, une cytoponction d’une nodule thyroïdien suspect pourra être demandée : une piqure sous échographie prélève un fragment de tissu qui sera examiné par un anatomo-pathologiste. Selon sa réponse, une intervention chirurgicale sera programmée en cas de cancer. S’il s’agit d’un nodule bénin, une simple surveillance clinique, échographique et biologique (TSHus) sera alors décidée.

L’évolution des nodules thyroïdiens est imprévisible. Certains nodules peuvent rester stables  (ils réduisent modérément de taille parfois), d’autres peuvent grandir, parfois évoluer vers des nodules hémorragiques, toxiques ou plus rarement vers des nodules cancéreux. Dans tous les cas, comme pour les points de beauté sur la peau, ils demeurent dans la glande. Il n’existe pas de médicaments pour les faire disparaître, ni même pour les réduire en taille.

Dans près de 95% des cas, les nodules cancereux de la thyroïde sont guéris par la chirurgie puis par la prise d’hormones thyroïdiennes à vie. Parfois le traitement est complété par l’iode radio-active afin de détruire le tissu cancéreux restant après la chirurgie. Seuls, 5% des cancers posent des difficultés de prise en charge.

Dans la majorité des cas, il est donc possible de vivre normalement avec une glande thyroïdienne contenant des nodules, sans médicament mais avec une surveillance clinique et échographique régulière. Classiquement, ce n’est qu’en présence d’un gros nodule thyroïdien unique, non toxique, qu’un traitement freinateur par la lévothyroxine pourra être proposé et maintenu en fonction de sa tolérance clinique.

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