Infection COVID-19 et troubles hormonaux associés

L’infection COVID-19 est une infection respiratoire aigüe par le virus coronavirus (SARS-CoV-2) qui se propage depuis les narines ou le pharynx (arrière de la bouche) vers les poumons. La COVID peut ensuite diffuser vers les autres parties du corps et notamment dans les glandes endocrines comme la thyroïde, le pancréas, les glandes surrénales. Ces organes produisent les hormones qui interviennent dans le bon fonctionnement de nos organismes, comme le tube digestif, le cœur ou encore les muscles.

COVID et glandes endocrines
En cas de lésions tissulaires des glandes endocrines par le virus COVID, des troubles hormonaux peuvent survenir. Heureusement ils sont le plus souvent temporaires. Ces perturbations hormonales sont diagnostiquées par le dosage de la TSH pour la thyroïde, par des dosages répétés de la glycémie pour le pancréas et par les dosages du cortisol sanguin pour les glandes surrénales. Plus rarement, le fonctionnement d’autres glandes endocrines comme l’hypophyse, les parathyroïdes peut être perturbé par le virus. Dans ces situations, des analyses de sang peuvent révéler des taux anormaux de calcium, de vitamine D ou d’autres hormones comme la PTH, l’ACTH.

COVID et maladies de la thyroïde
Lors d’une infection par la COVID, la glande thyroïde peut être infectée par le virus. Il peut être responsable d’une thyroïdite aiguë avec des douleurs à la base du cou, une tuméfaction de la glande et une production excessive d’hormones thyroïdiennes. Lorsque cette hyperthyroïdie secondaire à la destruction temporaire de la thyroïde est mal tolérée, un traitement court à base de corticoïdes est alors prescrit. Le plus souvent, on observe un retour à la normale : la glande thyroïde fonctionne correctement quelques semaines après l’infection virale sans traitement, ni séquelles.

Covid et hypothyroïdie connue
Chez les patients traités pour une hypothyroïdie,  l’équilibre hormonal obtenu par le traitement par les hormones thyroïdiennes de substitution peut alors être perturbé. Dans cette situation, si le dosage de la TSH n’est plus dans les normes,  une adaptation des doses de lévothyroxine est alors nécessaire pour corriger les besoins perturbés par l’infection par le covid. Cette adaptation est le plus souvent temporaire. Quelques semaines après l’infection, retour au dosage antérieur.

Covid et hyperthyroïdie connue
En cas d’infection par le COVID,  les patients traités pour une hyperthyroïdie ou ayant été traités pour une maladie de Basedow peuvent avoir un déséquilibre de leur thyroïde. Dans cette situation, un dosage sanguin de la TSH permet d’ajuster le traitement. Renforcement du traitement si la TSH est effondrée et ajustement si TSH supérieure à la valeur normale.

COVID et diabète
Lors d’une infection par le virus coronavirus avec atteinte du pancréas, cette glande peut être lésée et notamment les cellules de Langerhans  qui produisent l’insuline. Cette situation conduit alors à une augmentation des taux de sucre dans le sang ou hyperglycémies.

Covid et diabète connu
Un diabète, qui était préalablement équilibré par le régime et les médicaments, peut se déséquilibrer à l’occasion d’une infection, comme avec la covid . Il est le plus souvent nécessaire de majorer les antidiabétiques oraux ou l’insuline. Cependant le contrôle des glycémies peut s’avérer difficile, notamment en cas de perte d’appétit comme on l’observe lors d’une infection par la COVID.

COVID et maladies surrénaliennes ou hypophysaires
Pour les patients ayant une insuffisance surrénalienne ou maladie d’Addison, un hypopituitarisme ou insuffisance hypophysaire, l’infection par la COVID comme pour les autres infections virales (grippes, rhumes, gastro-enterites) peut conduire à majorer la prise d’hydrocortisone, surtout en cas de diarrhées, perte d’appétit ou fièvre.